LA DISPERSION DES ARCHIVES COMORIENNES, UNE HISTOIRE DE CASSE-TÊTE POUR LES PASSIONNÉS ET PRATICIENS QUI FRAGILISE LA CRÉDIBILITÉ DU PAYS ?
La dispersion des archives comoriennes à travers le monde est un vrai casse-tête pour les chercheurs qui tentent de reconstituer l'histoire de l'archipel. Une grande partie des documents produits pendant la période coloniale ne se trouve plus sur le territoire national. On les retrouve surtout aux Archives nationales d'outre-mer et aux Archives nationales françaises, mais aussi, de façon plus éparpillée, au Royaume-Uni, au Portugal, en Tanzanie (notamment à Zanzibar) ou encore à Madagascar. Personne n'a vraiment de chiffres officiels précis, mais les estimations parlent de l'équivalent de 2 à 5 kilomètres linéaires d'archives. C'est dire à quel point la mémoire administrative, politique et sociale des Comores s'est retrouvée externalisée.
Cette situation n'a rien d'un hasard. Elle découle directement de la logique des systèmes coloniaux, qui centralisaient tous les documents dans les métropoles et les grands centres administratifs régionaux.
Pendant l'essentiel de la période coloniale, les Comores dépendaient administrativement de Madagascar, ce qui a fait que leurs archives ont suivi des circuits de conservation extérieurs, accentuant encore leur dispersion. Mais le problème ne se limite pas à une simple question de localisation géographique. Pour les chercheurs comoriens, c'est un véritable parcours du combattant : l'éloignement, le manque de moyens et les inégalités d'accès rendent très difficile l'exploitation de ces sources primaires essentielles.
Du coup, l'enjeu dépasse largement la simple conservation du patrimoine. Ce qui est en jeu, c'est la souveraineté, la capacité à produire du savoir et à gouverner. Quand un État ne maîtrise pas ses archives, il a du mal à écrire sa propre histoire, à faire valoir ses droits (notamment fonciers et administratifs) et à défendre ses intérêts sur la scène internationale.
Pour les Comores, il devient urgent de mettre en place des politiques de coopération archivistique, de lancer des programmes de numérisation et, à terme, d'envisager la restitution ou au moins le partage de ces fonds. C'est une nécessité stratégique pour rétablir un accès équitable à l'information et renforcer l'autonomie intellectuelle et institutionnelle du pays.
La plupart de ces fonds sont ligne :
Voire sur l'IREL / ANOM :http://anom.archivesnationales.culture.gouv.fr/ulysse/notice?id=FR_ANOM_8Fi15-146
ANOM (Etat-Civil) :
http://anom.archivesnationales.culture.gouv.fr/caomec2/recherche.php?territoire=COMORES
ECPAD (images sir les Comores) :
https://imagesdefense.gouv.fr/fr/catalogsearch/advanced/result/?ref_reportage=DF+AFR-4
Mais la grande majorité de ces fonds ne sont pas en ligne mais demandant une autorisation pour les accéder. Il s'agit notamment le cas des Archives Nationales de Madagascar 🇲🇬 dont la consultation doit se faire sur place, de l'université de Humboldt de Berlin en Allemagne , qui demande une autorisation du directeur du laboratoire en question, de Royaume-Uni 🇬🇧 et du Portugal 🇵🇹 (en particulier des archives maritimes ).
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