LA DISPERSION DES ARCHIVES COMORIENNES, UNE HISTOIRE DE CASSE-TÊTE POUR LES PASSIONNÉS ET PRATICIENS QUI FRAGILISE LA CRÉDIBILITÉ DU PAYS ?
La dispersion des archives comoriennes à travers le monde est un vrai casse-tête pour les chercheurs qui tentent de reconstituer l'histoire de l'archipel. Une grande partie des documents produits pendant la période coloniale ne se trouve plus sur le territoire national. On les retrouve surtout aux Archives nationales d'outre-mer et aux Archives nationales françaises, mais aussi, de façon plus éparpillée, au Royaume-Uni, au Portugal, en Tanzanie (notamment à Zanzibar) ou encore à Madagascar. Personne n'a vraiment de chiffres officiels précis, mais les estimations parlent de l'équivalent de 2 à 5 kilomètres linéaires d'archives. C'est dire à quel point la mémoire administrative, politique et sociale des Comores s'est retrouvée externalisée. Cette situation n'a rien d'un hasard. Elle découle directement de la logique des systèmes coloniaux, qui centralisaient tous les documents dans les métropoles et les grands centres administratifs régionaux...