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QUI EST DJOUMOI MKASAMBO, DERNIER CHEF DU VILLAGE DE BOBONI (Ngazidja, Comores)

    Dans le cadre de mes recherches sur les dynamiques socio-spatiales et les formes d’organisation villageoise post-coloniales à Ngazidja , je souhaite mettre en lumière une figure méconnue mais essentielle du patrimoine oral comorien : Djoumoi Mkasambo , dernier chef traditionnel du village de Boboni .    Fondé dans les années 1950 par une main-d’œuvre originaire de différentes régions de l’île de Ngazidja venue travailler dans les sociétés d’exploitation coloniale, Boboni constitue un cas remarquable de village « spontané » ou « de chantier ».     Plutôt que de faire quotidiennement l’aller-retour vers leurs villages d’origine, les travailleurs ont créé un hameau à proximité immédiate du site d’exploitation. Le village a rapidement compté plus de soixante maisons, une mosquée, un bangwe (espace de délibération collective) et une structure traditionnelle complète (chef de village, organisation coutumière).     Il était cependant dépo...

L'ARCHIPEL DES COMORES, AU CŒUR DE L'OCÉAN INDIEN, SE RETROUVE AUJOURD'HUI AU CENTRE D'UNE RIVALITÉ GÉOPOLITIQUE SILENCIEUSE MAIS INTENSE

   À la croisée des routes maritimes vitales qui relient l'Afrique, le Moyen-Orient et l'Asie, ces îles sont bien plus qu'un simple point sur une carte. Alors que les grandes puissances, mais aussi les acteurs régionaux, cherchent à sécuriser leurs approvisionnements énergétiques et à contrôler les voies commerciales, les Comores représentent un atout stratégique de premier ordre. Cette position attire naturellement les regards, notamment vers les promesses (encore largement inexploitées ) des hydrocarbures au large de ses côtes.    Cette attention se traduit par une multiplication d'accords, souvent négociés dans l'ombre, entre gouvernements et multinationales. Dans un pays où la gouvernance reste fragile, ces partenariats peuvent rapidement tourner à l'avantage du plus fort, menaçant la souveraineté économique réelle des Comores.   L'« or noir » potentiel de la zone cristallise ainsi un dilemme profond : une manne pour le développement, ou un piège menant...

LES JEUNES CHERCHEURS DE L' ARCHIPEL DES COMORES FACE AUX INFORMATIONS ERRONÉES ET À LA DISCRIMINATION TEXTUELLE RELAYÉES PAR UNE GRANDE AUDIENCE SCENTIFIQUE ET PERSISTANTE : 1841 À NOS JOURS

   Nous commençons nos propos par un paragraphe célèbre d' Isabelle   Stengers et Bernadette  Bensaude-Vincent tiré sur " 100 mots pour commencer à penser les sciences " paru en 2003 en page 197 qui précise [1] : " Les scientifiques sont devenus trop nombreux, la compétition trop féroce, la pression à la publication trop intense, les possibilités de manipulation (….) trop riches, et les enjeux (surtout dans les disciplines biomédicales) trop importants. Toute la question, aujourd'hui nous résolue, est de pouvoir quelles nouvelles règlementations pourraient se substituer à la confiance que de devaient, jusqu'ici, les scientifiques ". [2]     Ce paragraphe cité plus haut explique tout sur ce qu'on appelle aujourd'hui " la fraude scientifique " [3] . Ces derniers jours, nous avons lancé une opération scientifique et documentaire qui vise à identifier et à intercepter les informations erronées et les mots ou expressions à caractère di...

L' ARCHIPEL DES COMORES, UNE MINE D'INFORMATION HISTORIQUE ET ARCHÉOLOGIQUE À TENIR COMPTE SUR LE PEUPLEMENT DES ÎLES : LE CAS DES SITES ARCHÉOLOGIQUES DE MOHORO (Comores, Badjini-Est, Itsahidi) ENTRE TYPOLOGIE, CARACTÉRISTIQUES ET INTERPRÉTATIONS DES DONNÉES ARCHÉOLOGIQUES RETENUES

   N.B :   Pour éviter la violation de nos données en cours d'étude, nous avons décidé de ne pas insérer des illustrations en appui dans ce présent article.     Situé géographiquement à l'entrée du canal de Mozambique, entre l'Afrique continentale et la grande île de Madagascar, l'archipel des Comores est connu par sa population mixte (bantou, arabo-persique, asiatique, etc.) très ancienne. Cette dernière est due à son histoire du peuplement très reculée avant l'arrivée des européens. Les différents traits socioculturels évoquant l'ancienneté du peuplement de l'archipel sont aujourd'hui identifiables dans certaines villes dites " Cités-mères " qui prennent le statut socioculturel des " villes anciennes "[" Midji ya Aswili" en langue comorienne ]. Ces différents traits socioculturels témoignent l'origine et l'ancienneté du peuplement de l'archipel des Comores. 1. Les apports socioculturels et historiques pour...

À QUAND LES INVERSTIGATIONS ARCHÉOLOGIQUES SERONT-ELLES PRISES AU SÉRIEUX DANS NOTRE ARCHIPEL

   Dans cet archipel riche en histoire et en patrimoine archéologique, les Comores regorgent de sites archéologiques qui témoignent d'un passé très millénaire. Il est marqué par des influences arabes, africaines, asiatiques et européennes. Pourtant, malgré leur potentiel immense pour éclairer l'histoire de notre peuplement, de nos échanges commerciaux et de nos pratiques culturelles, certains sites restent souvent négligés par les autorités et les institutions scientifiques. Et son patrimoine culturel et archéologique continue à se détériorer mais aussi en subissant un vandalisme accéléré. Quand les investigations archéologiques seront-elles enfin prises au sérieux ?    Dans cette contribution, nous vous explorons les sites reconnus d'importance historique sur l'île de Grande Comore (Ngazidja), en soulignant leur valeur patrimoniale et la nécessité urgente de suivis scientifiques rigoureux. Ces vestiges, allant de mosquées anciennes à des fortifications en passant ...

LE TRAITÉ COMMERCIAL SIGNÉ ENTRE LE SULTAN SAID ALI ET LEON HUMBLOT, NOVEMBRE 1885

    Le 5 novembre 1885, le naturaliste français Léon Humblot , envoyé aux Comores pour des explorations botaniques, signe un traité commercial avec le sultan Said Ali , souverain du sultanat de Bambao à la Grande Comore (Ngazidja). Ce contrat accorde à Humblot d'importantes concessions territoriales. Ce qui lui permet d'exploiter toutes les terres qu'il souhaite mettre en culture, en echange d'une redevance modeste et d'une assistance politique. En retour, Humblot s'engage à soutenir Said Ali contre ses rivaux et facilite l'établissement d'un protectorat français sur l'île, officialisé en 1886. Ce traité marque le début d'une influence économique dominante d'Humblot et ouvre la porte à la colonisation française de la Grande Comore. Le voici :  " A bord du Boursaint, rade de Moroni, Grande Comore, le 5 novembre 1885. Entre les soussignés : son altesse Said Ali ben Said Omar, sultan de la Grande Comore et tous ses ministres, Mohamed ben Ah...

LA VILLE DE MOHORO, COMME CELLE DE MALÉ DANS LE BADJINI-EST, DANS LA PÉRIODE DU NÉOLITHIQUE ?

 Entre juin et août 2023, la découverte fortuite d’un site archéologique dans une parcelle privée à Mohoro, lors de travaux de terrassement près de la route nationale, a suscité un vif intérêt scientifique et patrimonial. Alertés par la famille propriétaire du terrain, des bénévoles locaux et passionnés ont rapidement fait savoir l'importance historique de ce site archéologique, malgré le non suivi scientifique.     Mais ce qui nous intéresse ici, c'est les mobiliers archéologiques trouvés et la culture historique de ce site. Les premières observations ont permis d’identifier des mobiliers archéologiques remarquables ainsi qu’un fossé présentant des parois pouvant être associées à de l’art rupestre, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives sur l’histoire ancienne du sud de la Grande Comore.    Grâce aux clichés réalisés sur place par une équipe des jeunes bénévoles que nous avons sollicité, une interprétation typologique préliminaire des mobiliers qui pe...